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Facturation électronique 2026 : le calendrier qui s'applique

Conformité

01 September 2026

9 min

Calendrier 2026 de la facturation électronique

Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA et établie en France doit être capable de recevoir une facture électronique. Cette obligation ne dépend ni de votre chiffre d'affaires, ni de votre effectif, ni de votre forme juridique. Elle vise une SAS de 200 salariés comme un micro-entrepreneur en franchise en base.

Le calendrier de la réforme a beaucoup bougé entre 2023 et 2025. Il ne bougera plus. L'amendement qui demandait un nouveau report a été rejeté le 11 avril 2025.

Les textes d'application ont suivi. Le décret et l'arrêté du 27 juillet 2026 ont fixé le cadre technique définitif, et il n'existe aujourd'hui aucune hypothèse sérieuse de décalage. Voici les dates exactes, qui est concerné à quel moment, et ce que chaque échéance change en pratique.

Réception : une seule date pour tout le monde

C'est le point le plus mal compris de la réforme. Beaucoup de dirigeants ont retenu que les petites structures avaient jusqu'en 2027. C'est vrai pour l'émission. C'est faux pour la réception.

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir une facture électronique. Il n'existe aucune exception de taille. Sont concernés :

  • les micro-entrepreneurs, y compris ceux qui ne facturent que des particuliers ;
  • les entreprises en franchise en base de TVA ;
  • les sociétés civiles immobilières assujetties ;
  • les associations, pour la part de leur activité soumise à la TVA ;
  • toutes les sociétés commerciales, quelle que soit leur taille.

La franchise en base ne protège de rien ici. Une entreprise qui ne facture pas de TVA reste assujettie au sens du texte, et le franchissement des seuils de la franchise en base ne fait qu'ajouter la déclaration de TVA à une obligation de réception qui existait déjà.

La logique est mécanique. Puisqu'une grande entreprise doit émettre ses factures au format électronique depuis le 1er septembre 2026, tous ses clients professionnels doivent être en mesure de les recevoir. Sinon la chaîne casse dès le premier maillon.

Être capable de recevoir a un sens précis. Cela signifie être raccordé à une plateforme agréée et être identifié dans l'annuaire central par votre numéro SIREN. Sans ce raccordement, vos fournisseurs n'ont aucun moyen technique de vous adresser leur facture. Et une facture qui ne vous parvient pas est une TVA que vous ne déduisez pas.

Émission : deux vagues, deux dates

L'obligation d'émettre suit un calendrier en deux temps, fondé sur la taille de l'entreprise.

  • 1er septembre 2026 : grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire.
  • 1er septembre 2027 : petites et moyennes entreprises, très petites entreprises et micro-entreprises.

Les catégories sont celles du décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008. Une PME emploie moins de 250 personnes et réalise un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions d'euros, ou présente un total de bilan inférieur à 43 millions d'euros. Une entreprise de taille intermédiaire emploie moins de 5 000 personnes, avec un chiffre d'affaires inférieur à 1,5 milliard d'euros ou un bilan inférieur à 2 milliards d'euros. Au-delà, il s'agit d'une grande entreprise.

En clair : si vous dirigez une TPE, une PME ou une micro-entreprise, vous recevez depuis septembre 2026 et vous émettrez à partir du 1er septembre 2027. Le détail de cette deuxième vague est traité dans notre article sur les TPE concernées en 2027.

Attention à un effet de bord fréquent. La catégorie s'apprécie au niveau de l'entreprise au sens économique, et non au niveau de chaque entité juridique prise isolément. Une petite structure détenue par un groupe important peut donc relever de la première vague.

Pourquoi il n'y aura pas de nouveau report

La question revient dans presque toutes les conversations avec un dirigeant. Elle est légitime : la réforme devait initialement démarrer en 2023, puis en 2024. Deux décalages ont eu lieu. Un troisième paraissait plausible.

Il n'aura pas lieu, et pour une raison datée. Le 11 avril 2025, l'amendement qui proposait un nouveau report a été rejeté. À partir de ce moment, l'administration et les éditeurs ont travaillé sur des dates fermes.

Les textes d'application publiés le 27 juillet 2026 en sont la traduction. On ne publie pas un décret technique de ce niveau de détail pour une échéance que l'on compte déplacer.

Concrètement, un plan de préparation qui repose sur l'hypothèse d'un report est un plan qui ne tient pas. Les entreprises qui ont attendu les dernières semaines avant septembre 2026 pour se raccorder ont découvert des délais de mise en service allongés chez les prestataires. La raison est simple : tout le monde arrivait au même moment.

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Seules les factures entre entreprises françaises sont concernées

La facturation électronique obligatoire couvre un périmètre précis : les opérations entre assujettis à la TVA établis en France. C'est ce qu'on appelle le B2B domestique.

Sont donc concernées les ventes de biens et les prestations de services que vous facturez à une autre entreprise française assujettie. Peu importe le montant. Peu importe le secteur.

Sont exclues du dispositif :

  • les factures adressées à des particuliers (B2C) ;
  • les exportations hors Union européenne ;
  • les livraisons et acquisitions intracommunautaires ;
  • les opérations avec un assujetti non établi en France.

Exclues ne veut pas dire invisibles. Ces flux relèvent d'un second dispositif, l'e-reporting, qui oblige à transmettre à l'administration des données de transaction sans qu'une facture normée circule. Ce mécanisme est détaillé dans notre article sur les données que l'administration va recevoir.

Un point pratique : la plupart des entreprises relèvent des deux dispositifs à la fois. Un artisan qui facture des particuliers et des entreprises fera de la facture électronique pour les secondes et de l'e-reporting pour les premières.

Le portail public ne joue plus le rôle annoncé

C'est le changement le plus important des derniers mois, et celui qui surprend le plus.

Le projet initial prévoyait un portail public de facturation gratuit, capable d'émettre et de recevoir les factures des entreprises qui ne voulaient pas passer par un prestataire privé. Ce n'est plus le cas. Le portail public ne permet plus ni d'émettre ni de recevoir.

Il est recentré sur une fonction d'annuaire central. Il tient le référentiel qui associe chaque SIREN à la plateforme retenue par l'entreprise, afin que chaque facture soit routée au bon endroit.

La conséquence est directe. Il n'existe plus d'option gratuite par défaut. Toute entreprise, quelle que soit sa taille, doit choisir une plateforme agréée.

Le vocabulaire a d'ailleurs évolué avec les textes du 27 juillet 2026. Le terme en vigueur est plateforme agréée, en abrégé PA. Les documents publiés avant cette date emploient une autre appellation, qui n'a plus cours. Si vous n'avez pas encore fait ce choix, notre article sur comment choisir votre plateforme agréée détaille les critères de comparaison.

Les quatre étapes à tenir, dans l'ordre

Voici une lecture opérationnelle du calendrier, pour un dirigeant de TPE ou de PME.

  • Sans délai : être raccordé à une plateforme agréée pour la réception. C'est une obligation en vigueur, pas une échéance future. Vérifiez que votre SIREN est correctement déclaré dans l'annuaire central, et que votre logiciel de facturation ou votre cabinet comptable récupère bien les factures fournisseurs entrantes.
  • D'ici la fin 2026 : nettoyer votre base clients. Chaque client professionnel doit être identifié par un SIREN valide, avec une adresse de facturation et, le cas échéant, une adresse de livraison distincte.
  • Premier semestre 2027 : basculer l'émission en test. Émettre au format électronique avant l'obligation permet de traiter les rejets à froid, sans risque sur vos encaissements.
  • 1er septembre 2027 : émission obligatoire pour les TPE, les PME et les micro-entreprises.

Les erreurs de référentiel sont la première cause de rejet de facture. Un SIREN erroné, une raison sociale obsolète ou une adresse incomplète suffisent à bloquer un encaissement. Ce travail de fond ne se fait pas en une soirée.

Ce que vous risquez, et la tolérance annoncée par la DGFiP

Les montants figurent dans le code général des impôts. Deux amendes visent directement les entreprises assujetties.

  • Défaut d'émission au format électronique : 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par année civile (article 1737, III du CGI).
  • Défaut de recours à une plateforme agréée pour la réception : 500 €. Si la situation n'est pas régularisée après mise en demeure, l'amende passe à 1 000 € par période de trois mois (article 1737, IV bis du CGI, créé par la loi de finances pour 2026).

Une exonération de première infraction est prévue au V du même article. L'amende ne s'applique pas s'il s'agit de la première infraction de l'année civile en cours et des trois années précédentes, et si le manquement est réparé spontanément ou dans les trente jours suivant une demande de l'administration.

Attention à une confusion très répandue. On lit souvent un montant de 15 € par facture. Il correspond à une autre infraction, prévue au II du même article 1737, et ne vise pas le format électronique.

Il s'agit de toute omission ou inexactitude constatée dans une facture, plafonnée au quart du montant facturé. Les deux montants coexistent dans le même article, ce qui explique la plupart des erreurs lues sur le sujet.

Reste la question du démarrage. Le guide pratique publié par la DGFiP en juillet 2026 pose une doctrine de tolérance explicite : « il n'y aura pas d'application des sanctions aux entreprises rencontrant des difficultés dans la mise en œuvre de la réforme mais qui sont engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. L'administration distinguera ces situations de celles relevant d'une inertie, d'un évitement ou d'un refus durable d'entrer dans le dispositif. »

Le même document ferme la porte à toute lecture extensive : « Cette approche ne constitue ni un report ni une suspension de l'obligation », et « Le calendrier demeure applicable ». La tolérance ne couvre ni le fait d'ignorer durablement l'obligation, ni l'absence de toute démarche, ni le maintien volontaire de circuits parallèles sans régularisation.

Un projet engagé et documenté vous place du bon côté de la ligne. L'attente passive, non.

Une réserve de méthode, enfin. Le BOFiP n'est pas à jour sur ces sanctions : le commentaire de référence date du 12 septembre 2012 et n'en traite aucune. Les montants ci-dessus reposent sur le texte consolidé publié sur Légifrance, qui fait foi, mais aucun commentaire administratif opposable n'existe à ce jour.

Ce qu'il faut retenir

La réception est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, sans exception de taille. L'émission suit deux vagues : grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire depuis le 1er septembre 2026, TPE, PME et micro-entreprises au 1er septembre 2027. Ces dates sont fermes, l'amendement de report ayant été rejeté le 11 avril 2025.

Le point d'action immédiat ne concerne donc pas 2027 mais le présent : être raccordé à une plateforme agréée et figurer correctement dans l'annuaire central. Une entreprise non raccordée ne reçoit plus ses factures fournisseurs dans les formes, perd la déduction de TVA correspondante et s'expose à une amende de 500 €, portée à 1 000 € par période de trois mois après mise en demeure. La DGFiP ne sanctionnera pas les entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité, mais elle précise que cette approche n'est ni un report ni une suspension de l'obligation.

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